Porté par nos professeurs documentalistes, la Classe Musée du Collège Jules Vallès, devenue aujourd'hui Atelier Musée, fête cette année ses dix ans d'existence !
Cette année, il sera question de Japon, et aussi de danse, d'art contemporain sans oublier une petite touche florale...
Cette année, direction le Japon ! Nous allons consacrer une grande partie de nos activités à la découverte de la culture du pays du soleil levant, en commençant par la belle exposition Japon. Archipel des arts au musée Crozatier.
Nous fêterons également les 10 ans de l'Atelier musée lors d'une visite inédite (et guidée par nous-mêmes) d'une exposition d'art contemporain.
Avant de finir l'année par une touche florale...
Septembre débute avec la traditionnelle visite du musée Crozatier pour les nouveaux élèves. Visite rapidement suivie par la découverte pour les deux groupes de l’Atelier musée de la magnifique exposition temporaire Japon. Archipel des arts. Ainsi commence notre fabuleux voyage au pays du soleil levant : une plongée dans la culture japonaise de plusieurs mois !
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Deux visites guidées nous transportent tout d’abord dans l’histoire et l’artisanat d’art du Japon. Les quelques 400 objets exposés, des pièces du XVIe siècle jusqu’à des créations contemporaines, ont été prêtés par un collectionneur privé et par une quinzaine de musées de la région.
Une frise chronologique nous accueille dans la première salle. L’histoire de ce pays remonte à plus de 30 000 ans. Le peuplement de l’archipel s’est fait depuis le continent asiatique. C’est à partir du VIIe siècle avant J.-C. que l’agriculture, la riziculture et l’usage des métaux s’y implantent.
L’histoire japonaise se divise en époques et périodes. Ces dernières changent lors de catastrophes naturelles comme les séismes, les incendies, ou les mauvaises récoltes. Puis à partir de l’Ère Meiji (1869-1912), c’est le changement d’empereur qui donne lieu à une nouvelle ère.
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Grâce aux vitrines de cette première salle nous apprenons le rôle essentiel de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et son monopole dans les échanges commerciaux du Japon avec l’Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Pendant ces 200 ans, les Hollandais sont l’unique preuve de l’existence d’autres peuples sur Terre pour les Japonais, hormis leurs voisins chinois et coréens.
Les artistes font alors de ces étrangers venus d’Europe des portraits exotiques et amusés. Avant de quitter cette salle, un coup d’oeil aux idéogrammes japonais calligraphiés sur de précieux kakemonos.
La salle suivante présente des armures de samouraïs et des armes.
En japonais, samouraï veut dire « celui qui sert ». Il désigne un guerrier au service d’un grand seigneur. Il obéit à un code d’honneur, le bushido, aux sept vertus : bienveillance, courage, droiture, honnêteté, honneur, loyauté et politesse.
Son armure le protège mais c’est également un objet d’apparat et de prestige. Elle est réalisée par une équipe d’artisans qui fabriquent et assemblent des lamelles de métal laquées*. Les armures se transmettaient de génération en génération.
Le kabuko (casque fait de plaques métalliques et de cuir laquées) complète la tenue du samouraï. Ses ornements symbolisent les valeurs du guerrier comme le courage ou la protection… et permettent de l’identifier. Un masque et un protège-nuque aident aussi à protéger la tête du guerrier.
*Les objets laqués sont recouverts de laque. Celle-ci est obtenue après évaporation et filtration de la sève du laquier. En une saison, cet arbre à laque fournit seulement l’équivalent d’une tasse de sève. Elle est d’une couleur ambrée ou marron foncé et brille en se solidifiant. On y ajoute des pigments pour obtenir des couleurs opaques. Plusieurs couches peuvent être utiles pour laquer un objet. Certains en comptent plusieurs centaines ! C’est un des artisanats traditionnels japonais les plus renommés.
Une belle collection de céramiques nous attend dans la troisième salle. Les porcelaines « bleu et blanc » d’Arita ont été fabriquées aux XVIIe et XVIIIe siècles dans cette ville célèbre pour sa porcelaine aux décors bleus qui remporta un grand succès auprès des amateurs européens que fournissaient les Hollandais. Les motifs délicats dessinés sur ces bouteilles, plats, boîtes… sont généralement inspirés de la nature, on y reconnaît des animaux, des végétaux ou des paysages. Il existe également des porcelaines polychromes, elles apparurent en 1640.
Des vitrines sont consacrées à la cérémonie du thé. On y trouve les ustensiles utilisés pour le service du thé : la bouilloire, le bol, des petits pots contenant la poudre de thé matcha, la jarre à eau, la cuillère en bambou, des boîtes mais aussi des vases à fleurs ou des brûle-parfum. Cette cérémonie est très codifiée mais doit offrir aux convives une parenthèse d’harmonie, de respect et de silence.
Dans la salle n°4, dédiée aux arts décoratifs, outre les objets laqués et les statuettes appelées okimono, ce qui retient notre attention, c’est la surprenante collection d’inrō et de netsuke.
Les inrō faisaient office de poche pour le kimono porté par tous les Japonais qui pouvaient ainsi transporter leurs effets personnels. On les accrochait à la ceinture (obi) à l’aide d’une cordelette glissée entre la ceinture et le kimono. Pour la retenir, un netsuke, petite sculpture qui servait de taquet, de contrepoids, y était fixé au-dessus du bord supérieur de l’obi.
Ces petits objets, d’une grande variété - certains d’une grande finesse et d’autres assez drôles – figurent des scènes de la vie quotidienne, de fiction, religieuses ou folkloriques, ou encore des animaux ou des plantes.
La salle suivante évoque le théâtre traditionnel japonais avec des estampes ainsi que des masques et des marionnettes utilisés par les artistes sur scène.
Les quatre genres de théâtre japonais obéissaient chacun à des règles spécifiques et proposaient des spectacles différents : pantomimes dansées et drames lyriques, intermèdes comiques, pièces extravagantes ou spectacles de marionnettes musicaux.
Mais ce sont surtout les spectaculaires kimonos exposés dans cette salle qui nous impressionnent. Leurs couleurs, leurs matières et leurs motifs sont magnifiques et témoignent d’un savoir-faire technique et artistique.
Le kimono (« chose que l’on porte sur soi ») était porté par tous les Japonais jusqu’à la deuxième moitié du XIXe siècle où ils adoptèrent la mode vestimentaire occidentale. Ce sont les femmes qui le portent aujourd’hui lors de grandes occasions.
Cette robe est faite d’une large bande de tissu découpée en rectangles cousus en forme de T. On la ferme avec l’obi, large ceinture qui peut mesurer jusqu’à 4 mètres.
On portait des kimonos différents selon son âge, la saison ou l’occasion. Différentes techniques de teinture et de broderie permettaient d’orner ces vêtements de motifs variés.
L’exposition se conclut tout en images dans le dernier espace.
Les kakemonos (« chose suspendue ») sont des peintures sur soie ou sur papier fixées à des rouleaux de tissu qu’on accroche au mur. Une baguette horizontale placée en bas du rouleau le maintient droit lorsqu’il est suspendu.
Les estampes japonaises sont apparues à la fin du XVIIe siècle avec le mouvement artistique de l’Époque Edo (1603-1868) ukiyo-e ou « image d’un monde flottant ». Elles représentent les sujets en vogue dans la bourgeoisie de l’époque : les jolies femmes, les beaux paysages, les spectacles…
Une estampe, comme un tampon, est obtenue à partir d’une plaque de bois gravée. C’est donc une image que l’on peut imprimer en de nombreux exemplaires peu chers. Elle servit alors de support publicitaire pour vendre divertissements et spectacles aux riches citadins qui en étaient friands. C’était aussi un moyen pour eux de garder le souvenir de leurs distractions.
Le célèbre artiste japonais Hokusai qui voyage à travers son pays, carnet de croquis en main, publie en 1814 4000 dessins en 15 volumes. Ils représentent des paysages, des animaux, des scènes de vie quotidienne, des caricatures…
Ce recueil de carnets de croquis, sa Manga, fournira aux artistes japonais de nombreux modèles sur des sujets très variés.
Le genre de l’estampe japonaise a remporté un grand succès en Europe au XIXe siècle. Ces gravures ont influencé les artistes occidentaux comme les impressionnistes ou les Nabis.
Aujourd’hui, et notamment en France, ce sont les mangas qui connaissent un immense succès. Le terme japonais désignant le travail d’Hokusai, composé des idéogrammes MAN 漫 pour « spontané » et GA 画 « dessin », nomme aujourd’hui les bandes dessinées japonaises. Des planches d’une mangaka ponote figurent aux côtés d’estampes multicolores contemporaines pour terminer l’exposition.
Comme chaque année, nous faisons appel à un artiste pour nous accompagner à la fois dans la découverte d’une nouvelle technique, un nouveau savoir-faire, et dans la production d’une œuvre artistique.
C’est avec plaisir que nous retrouvons la graphiste Emma Meyssonnier avec qui nous avions appris la sérigraphie il y a deux ans.
Lors de notre première rencontre en octobre 2025, Emma nous présente son projet. Comme cette année est dédiée à la culture japonaise, elle nous propose d’utiliser la linogravure (en référence aux estampes) pour décorer des kimonos qui feront l’objet d’une exposition cet hiver.
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1ère étape
Imaginer et dessiner un motif répétitif inspiré du Japon (nature, symbole, calligraphie, abstrait…)
3ème étape
On grave la gomme à l’aide de gouges en suivant le dessin. Attention ! Il faut anticiper le rendu : il ne sera pas le même selon les parties que l’on choisit de creuser pour créer son tampon car l’encre se déposera uniquement sur les parties laissées en relief. De plus, le dessin sera inversé une fois imprimé. Cette étape exige de la concentration et des gestes appliqués.
5ème étape
On passe à la découpe. Sans oublier le trou pour passer la tête ! Il vaut mieux être à deux pour s’entraider lors de cette opération.
Heureusement que tout le monde n’avance pas au même rythme, nous n’aurions pas la place de tous étaler nos draps au sol…
6ème étape
C'est l'étape de l’impression. On choisit sa couleur. On dépose la peinture sur une plaque de verre pour l’étaler avec un rouleau encreur qui va s’imbiber de peinture. Peinture qu’on va ensuite appliquer à l’aide du rouleau sur la plaque de gomme gravée.
7ème étape
On pose ensuite cette plaque côté peinture contre le drap et on presse fort à l’aide d’un rouleau à pâtisserie. Ca y est, le motif apparaît, il est imprimé ! Il « suffit » maintenant de répéter l’opération autant de fois que l’on veut en fonction du décor qu’on a imaginé pour son kimono : au centre, sur les manches, le bas, le pourtour… chacun son style !
L’exposition Japon. Archipel des arts s’est terminée début janvier 2026 au musée Crozatier. Cela ne nous empêche pas de poursuivre notre voyage dans la culture japonaise.
Nous nous rendons étonnamment pour cela dans les salles de sciences du collège où M. Guichard, agent de laboratoire, nous a préparé une sélection de spécimens sortis des collections des sciences naturelles du collège.
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Nous commençons par le chat, animal très apprécié au Japon.
Des moines bouddhistes auraient amené les premiers chats sur l’archipel. La date
officielle retenue est 999, date à laquelle on aurait offert le premier chat japonais à
l’empereur pour son anniversaire.
C’est au Japon au XVIIIe siècle que fut promulgué la première loi de protection
animalière pour protéger les chats qu’on n’avait désormais plus le droit d’enfermer ni
de vendre.
Le chat bobtail, race japonaise, se caractérise par sa queue très courte. Il est très prisé des Japonais car selon les croyances populaires, les animaux à longue queue sont maléfiques, comme dans la légende du renard à neuf queues du folklore nippon par exemple.
Le chat calico est un chat tricolore au pelage noir, roux et blanc, et comme le chat écaille de tortue, noir et roux, il est censé porter bonheur.
Le maneki neko est une figurine qui représente un chat qui
accueille les clients ou les visiteurs avec sa patte articulée. C’est pour cela qu’on le
trouve à l’entrée des magasins et des restaurants où il est censé apporter la prospérité
aux commerçants. La statuette est vendue depuis environ 200 ans au Japon où l’on prête
aux chats des pouvoirs magiques, bénéfiques ou maléfiques selon les superstitions.
Parmi les yokaï, les monstres du folklore japonais, le bakeneko - 化け猫 - est un chat fantôme souvent associé à des histoires de vengeance ou de malédiction. Il peut se métamorphoser en humain, en objet ou en un autre animal.
Les pupilles du chat sont en forme d’amande. Dans les estampes, on reconnaît le bakeneko à ses pupilles rondes.
Le spécimen du collège serait-il un chat fantôme maléfique ?
L’attachement des Japonais aux chats se remarque également dans leur vie quotidienne. Dans les grandes agglomérations par exemple, où les logements sont beaucoup plus petits qu’en France et ne permettent pas aux citadins d’avoir des animaux domestiques à la maison, quelques 200 neko cafés - 猫カフェ - accueillent des clients « en manque de chats ».
On compte également onze îles aux chats au Japon. Une quinzaine d’habitants vivent sur la petite île d’Ao-shima (0,49km2) aux côtés de 160 chats ! Ceux-ci avaient été introduits sur l’île pour l’en débarrasser des rats. Ils se sont ensuite reproduits en nombre, n’étant pas menacés par des prédateurs naturels. Ces îles aux chats sont un but de promenade. Des navettes en ferry et des excursions y sont organisées pour les amateurs de chats.
Connaissez-vous le chat Tama ? c’est une célébrité au Japon. Cette chatte calico a été nommée chef de gare pendant huit ans, de 2007 à 2015, à la gare de Kishi. Les employés en prenaient soin car elle était pour eux un véritable porte-bonheur. En effet, la gare a, grâce à la présence insolite de Tama, retrouvé un trafic et une affluence et a été ainsi sauvée de la fermeture. Tama a attiré 350 000 visiteurs et le trafic a augmenté de 17 % dans la gare de Kishi. A la mort de Tama en 2015, c’est Ni Tama (Tama 2) qui a pris la relève.
M. Guichard nous montre ensuite des morceaux de kaolin Il s’agit d’une roche argileuse riche en aluminium. La découverte du kaolin remonte à 2000 ans avant J.-C. en Chine. Le mot vient d’ailleurs du chinois gaoling qui veut dire « collines hautes » et qui désigne la carrière d’où a été extraite cette argile blanche qui sert de matière première à la porcelaine>, découverte et invention chinoises.
La technique chinoise fut transmise aux Coréens et c’est à la fin du XVIe siècle lors de la guerre entre le Japon et la Corée, appelée « guerre de la porcelaine », que les Japonais, qui avaient envahi la Corée, capturent et déportent des potiers coréens au Japon pour s’emparer de leurs secrets de fabrication.
M. Guichard nous montre ensuite des morceaux de kaolin Il s’agit d’une roche argileuse riche en aluminium. La découverte du kaolin remonte à 2000 ans avant J.-C. en Chine. Le mot vient d’ailleurs du chinois gaoling qui veut dire « collines hautes » et qui désigne la carrière d’où a été extraite cette argile blanche qui sert de matière première à la porcelaine>, découverte et invention chinoises.
Nous revenons ensuite au monde animal en nous intéressant aux insectes qui fascinent aussi les Japonais. .
Leurs deux religions, le bouddhisme et le shintoïsme, prônent le respect pour tous les êtres vivants, même les plus insignifiants. Regarder les insectes évoluer peut également s’approcher de la méditation ou de la contemplation d’un spectacle poétique.
On rencontre d’ailleurs les insectes dans de nombreuses œuvres d’art japonaises ou dans les haïkus (courts poèmes). Leur présence n’y est pas seulement naturaliste, elle peut aussi être symbolique : la coccinelle annonce le printemps et porte chance, alors que le grillon évoque l’automne et la mélancolie. La luciole représente l’âme errante des guerriers tombés au combat et le scarabée figure la bravoure, sa carapace rappelant l’armure des samouraïs.
Dans les mangas, de nombreux personnages sont passionnés par les insectes comme dans One Piece, ou se rapprochent d’eux par leurs caractéristiques ou leurs pouvoirs.
Chez les Japonais, enfants comme adultes, il est assez courant d’élever des insectes en guise d’animaux de compagnie dans les logements exigus ou à l’école, où les enfants font avec leurs bestioles l’apprentissage de la patience, du soin et du respect.
Des collectionneurs peuvent aussi élever et faire le commerce de scarabées aux magnifiques couleurs. Des combats d’insectes sont même organisés avec des lucanes (symboles de force et de courage) ou des scarabées-rhinocéros.
Enfin, les Japonais apprécient également les insectes… dans leur assiette !
En effet cette source de protéine est connue depuis longtemps au Japon comme dans certains plats traditionnels de régions montagneuses, comme le risotto de guêpes. Guêpes que l’on peut élever et engraisser dans d’anciens nids ou que l’on peut capturer. Voici la technique : vous appâtez la guêpe avec de la nourriture à laquelle vous avez préalablement attaché un fanion coloré (un petit ruban rouge par exemple). Lorsque la guêpe emporte son butin, suivez le fanion pour repérer le nid et capturez-le. Facile, non ?!
Les frelons, moins bons que les guêpes paraît-il, rentrent eux dans la composition du shoshu, un alcool local dans lequel ils ont macéré et libéré leur venin qui donne au breuvage son goût particulier…
Merci à Alexis Guichard qui sait toujours tirer des collections du laboratoire des informations intéressantes et des anecdotes insolites !
À la mi-janvier, nous nous penchons ensuite sur un phénomène incontournable de la pop-culture japonaise qui inonde depuis quelques décennies le monde entier : le manga
Ce mot est composé de deux kanjis. Man - 漫 - signifie divertissant, exagéré, spontané et ga - 画 - qui désigne la représentation graphique, le dessin, l'estampe, l'image.
C’est le célèbre peintre nippon Hokusai qui, au XVIIIe siècle, a
nommé
ainsi ses carnets de croquis. Plus tard on a utilisé ce terme pour parler de caricatures
et depuis les années 1920, manga désigne un récit en bandes dessinées.
Avant les mangas, les emaki, longs rouleaux de papier, combinaient textes et images pour raconter des histoires. Vinrent ensuite au XIXe siècle des livres illustrés aux dessins en noir et blanc qui représentaient des scènes de combat fantastiques. Au tout début du XXe siècle, les premières BD à six cases sont publiées dans un journal. Puis des magazines pour enfants vont dédier des pages au manga, les jeunes japonais peuvent ainsi suivre les aventures de leurs héros préférés.
C’est après la seconde guerre mondiale que le manga moderne prend son essor avec tous ses codes : le noir et blanc , le petit format, rapide et peu cher à fabriquer et la lecture de droite à gauche bien sûr. Ses codes graphiques sont également bien reconnaissables : des visages très expressifs avec de grands yeux et des expressions exagérées, des dessins dynamiques, des changements de point de vue, des mouvements…, des onomatopées.
Il y en a pour tous les goûts : certains mangas sont plutôt dédiées aux lectrices, les shojo alors que les shonen ciblent davantage les garçons. Mais chacun lit le type de manga qu’il préfère ! Histoires romantiques, science-fiction, sport, mondes merveilleux ou historiques, etc.
Le manga connaît un énorme succès.
La France est d’ailleurs le deuxième plus gros
consommateur de mangas après le Japon !
Toutes ces recherches sur la BD japonaise sont venues compléter un atelier d’initiation au dessin manga. Pendant deux heures, Matthieu Badiou, jeune mangaka de Haute-Loire, qui a fait ses études dans une école de manga d’Angoulême, nous a appris les rudiments du dessin manga.
Chacun commence par délimiter une planche sur sa page planche puis la partage en trois cases dont la première sera réservée à un paysage, une autre à un personnage et la dernière à un gros plan sur son visage. On positionne aussi les marges, les bulles ou autres cadres.
Les éléments du visage s’ajoutent et se précisent peu à peu.
On choisit la forme des oreilles, des yeux, la coiffure, les vêtements…
Avec les consignes du mangaka, les traits mal assurés et hésitants du début laissent petit à petit apparaître un personnage de manga avec ses grands yeux expressifs ou sa chevelure plus ou moins sage.
Un grand merci à Matthieu Badiou pour ses conseils et sa patience, ainsi qu’à la générosité de la SAMC (Société des Amis du Musée Crozatier) qui nous a offert cet atelier !
C’est aussi grâce à la SAMC (Société des Amis du Musée Crozatier) que nous avons eu la chance en février, pour clore notre découverte des traditions japonaises, de participer à une initiation à l’aïkido !
Nous avons d’abord fait quelques recherches pour en savoir plus sur cet art martial japonais et avons appris que tout le monde peut pratiquer l’aïkido : femmes, hommes, jeunes, vieux, lourds, légers, petits ou grands… car il n’exige pas une force physique importante. Il s’agit d’une discipline pacifiste qui repose sur des techniques défensives.
Le terme aïkido, formé de trois kanjis : ai 合 qui signifie harmonie,
ki 気, l'énergie et do 道 qui veut dire la voie, peut se
traduire par la voie de l’harmonie des énergies.
L’aïkidoka apprend à utiliser la force et l’énergie de son assaillant en les
retournant contre lui. Il ne cherche pas à le détruire. Cet art martial non violent
permet en effet de préserver l’intégrité physique de l’adversaire. Cet état d’esprit,
qui ne cherche pas à établir de domination entre pratiquants ou qui ne recherche pas la
performance, élimine donc toute compétition.
Les techniques d’aïkido privilégient les déplacements et les mouvements circulaires pour rejeter l’agressivité dans le vide, avec ses mains, un sabre (bokken), un couteau (tanto) ou un long bambou (le jo). Ces armes sont bien sûr en bois.
L’aïkidoka porte le keikogi composé d’une veste, d’un pantalon en coton blanc et d’une ceinture. Le hakama (large pantalon noir) finalise la tenue pour l’aïkidoka qui a atteint un niveau technique satisfaisant.
C’est Thomas Gavory, professeur diplômé d’État, 6ème dan, qui nous a accueillis au dojo de la halle multisports Célestin Quincieux, pour nous initier à son art.
Nous montons pieds nus sur le tatami et saluons le portrait du fondateur de l’aïkido.
Le salut est une marque de respect. Debout, le dos droit et les talons joints, les mains le long du corps, on incline le buste en avant.
Puis alignés devant notre professeur, nous le saluons aussi : assis sur les talons, le dos droit, les jambes repliées sous soi et les mains sur les cuisses. Nous devons effectuer le salut à plusieurs reprises, après une démonstration, un exercice ou en quittant le tatami…
Nous commençons par une série d’échauffements.
Thomas avait invité un de ses élèves pour nous montrer différentes prises, qu’ils ont répétées plusieurs fois plus ou moins lentement devant nous.
Ensuite l’un d’entre nous le rejoignait pour tester la prise avec lui, en décomposant les mouvements.
Puis, à notre tour, par deux, nous avons essayé de reproduire avec application postures et mouvements sous l’oeil bienveillant de notre professeur qui nous corrigeait et nous conseillait.
Au fil de l’heure, les techniques se complexifiaient et s’enchaînaient, toujours dans la bonne humeur.
Cette initiation physique et sportive (nous avons plutôt l’habitude d’ateliers de pratique artistique!) nous a permis de clore de façon inédite notre séquence japonaise.
À nouveau un grand merci à Thomas Gavory et à la SAMC !
Cette année, c’est notre dixième anniversaire !! 🎂
L’Atelier
musée a en effet vu le jour à la rentrée 2016, en même temps que la CHAD, la
Classe à Horaires Aménagés Danse
Aussi pour fêter nos dix ans ensemble, nous nous sommes associés pour proposer une visite originale et inédite de l’exposition Hors Cadre installée au musée Crozatier depuis le 4 décembre jusqu’au 7 juin.
En mars et avril, pour préparer cette visite où nous allons jouer les
apprentis-guides, nous avons tout d’abord suivi la visite d’une « vraie »
guide-conférencière pour découvrir l’exposition. Nous avons ensuite fait des recherches
pour en savoir plus sur chacune des œuvres et préparer nos textes.
Pendant ce temps, les danseuses de la CHAD imaginaient des chorégraphies en s’inspirant de ces œuvres. Leurs créations dansées devaient ponctuer la visite.
Les répétitions se sont ensuite enchaînées et le samedi 25 avril nous avons pu accueillir nos familles et nos enseignants au musée Crozatier pour quatre visites Hors cadre. Le trac était bien sûr au rendez-vous mais chacun a fait de son mieux pour présenter, seul ou en binôme, le travail d’un des six artistes. Les chorégraphies des danseuses précédaient ou suivaient nos discours. Le public bienveillant a apprécié ce parcours de médiation original : il leur a rendu l’art contemporain plus accessible tout en leur offrant un beau spectacle de danse.
Cette exposition temporaire est présentée par le FRAC, le Fonds Régional d’Art Contemporain d’Auvergne. Le FRAC a trois grandes missions :
Six œuvres ont été installées dans les différentes galeries du musée. Ces œuvres d’artistes contemporains sortent du cadre au sens propre comme au sens figuré : certaines ont des dimensions hors-norme, d’autres débordent littéralement de leur cadre.
Nous commençons au troisième étage, dans la galerie des sciences, avec le tableau de Daniel Spoerri Lépreux d’Islande de 1989.
Daniel Spoerri est devenu célèbre dans les années 1960 avec ses « tableaux pièges ». Il organisait des dîners pour ses amis, conservait les restes du repas sur la table tels quels. Il les fixait ensuite avec de la résine et accrochait enfin le tout au mur, comme un tableau qui avait piégé le moment partagé avec ses amis.
Dans Lépreux d’Islande, il a collé des os d’animaux, des coquillages, une peau de poisson, une grenouille séchée, des champignons… et une maquette de voilier sur des gravures du XIXème siècle. Ces gravures illustraient un atlas relatant une expédition en Islande et au Groenland au XIXème siècle. Ces images montrent des lépreux. A cette époque on croyait que la lèpre (maladie grave et contagieuse qui ronge la peau) n’existait que dans les pays tropicaux.
Daniel Spoerri nous plonge ici dans l’imaginaire fabuleux des pays inconnus et des grands voyages, qui ont permis à cette époque de faire des découvertes scientifiques. Mais les explorateurs européens prenaient aussi le risque de transmettre des maladies dans les régions qu’ils visitaient. Ces voyages donnaient aussi l’occasion aux Européens de coloniser et d’exploiter ces pays et leurs richesses.
Cette œuvre hors cadre, avec ses objets qui dépassent, qui sortent du tableau, a été installée dans la galerie des sciences car elle fait référence à des découvertes scientifiques, à proximité des animaux naturalisés qui datent de la même époque et qui permettaient au grand public de découvrir des espèces exotiques et aux scientifiques de mener leurs recherches.
Retrouvez une présentation de cet artiste dans l'onglet qui lui est consacré.
Nous avançons ensuite jusqu’à un tableau en noir et blanc accroché près des vitrines de paléontologie. Il s’agit de Random un dessin à l’encre sur papier d’Abdelkader Benchamma, de 2015. Cet artiste a été nommé en 2024 au prix Marcel Duchamp de l’ADIAF (Association pour la Diffusion Internationale de l’Art Français).
Cette œuvre développe une telle énergie qu’on ne serait pas étonné de voir ses traits sortir du cadre et continuer hors champ, sur les murs. D’ailleurs Abedlkader Benchamma est connu pour ses grandes « fresques » éphémères qu’il dessine directement sur les murs des lieux d’exposition.
Abdelkader a dessiné ici des milliers de traits noirs plus ou moins épais qui partent dans toutes les directions. Il laisse aussi beaucoup de place au blanc qui accentue l’effet de profondeur. Ce dessin très dynamique peut rappeler le dessin manga.
On peut y voir une puissante explosion. On retrouve cette explosion au début et à la fin du roman graphique Random d’Abdelkader Benchamma qui raconte en 300 planches la création d’un univers où la nature et tout ce qui la compose (les plantes, les roches, l’eau, les humains…) apparaissent et se déchaînent.
Ce dessin a donc un double sens, on peut y voir une explosion qui détruit tout comme une apocalypse, mais aussi une explosion qui donne naissance à un nouveau monde comme le Big Bang.
Cette œuvre trouve naturellement sa place dans la galerie des sciences parmi les collections de minéraux (ces pierres qui ont parfois des millions d’années), les vidéos sur les volcans et les vitrines de paléontologie avec les fossiles préhistoriques. Toutes ces collections rappellent les origines de la Terre et les phénomènes qui ont accompagné sa création.
Nous guidons ensuite le public vers le deuxième étage, dans la salle du XVIIe siècle de la galerie des beaux-arts pour présenter une installation d’Aurélie Pétrel de 2018 : Académique #1 et #2, Académique d’homme noir #4, et Etude de nu, torse d’homme, d’après Le Duc, Académique #5.
Aurélie Pétrel est photographe et aime jouer avec la photographie pour lui donner du volume, pour la changer en sculpture.
Cette œuvre surprenante mélange de la photographie, de la sculpture et de la peinture.
Aurélie Pétrel a eu l’idée de cette installation après avoir visité les réserves du musée d’Angers. Elle y a découvert des tableaux endommagés par une inondation sur lesquels les restaurateurs avaient posé du papier Japon pour stopper les dégâts et éviter que la peinture se détache de la toile.
Aurélie a photographié ces tableaux et a imprimé ces photos sur de grandes plaques de verre. Ces plaques sont encadrées comme des tableaux et sont reliées entre elles par une structure en bois. D’une œuvre en 2D avec les photos, on passe à une œuvre en 3 dimensions grâce à ces pièces de bois.
On peut remarquer que ces tasseaux de bois sont accrochés au mur. Sans le mur, l’œuvre ne tiendrait pas debout. On peut donc dire que le mur, donc le musée, font partie de l’œuvre.
L’artiste montre les tableaux tout en les rendant mystérieux. Elle évoque de cette manière les réserves des musées, ces lieux cachés au public. Elle veut aussi parler des questions de conservation et d’exposition des collections des musées.
Le saviez-vous ? Les musées ne présentent en moyenne que 5 à 10 % de leurs
collections au public. Ce qui est exposé n’est que la partie émergée d’un gros
iceberg !
Nous voici maintenant au rez-de-chaussée dans la galerie des Antiquités devant deux œuvres Sans titre. C’est Roland Cognet qui les a réalisées au début des années 1990. Roland Cognet est professeur à l’école des Beaux-Arts de Clermont-Ferrand. Il aime travailler les matériaux bruts comme le minéral ou le végétal. Sa matière préférée est le bois.
Ces deux œuvres sombres et énigmatiques sont bien en bois ! (du châtaignier et du frêne) mais dissimulé sous une coque d’acier.
Pour fabriquer ces sculptures, Roland Cognet a coupé des troncs d’arbre à la tronçonneuse, puis il a taillé ces bouts de bois et enlevé leur écorce. Ensuite il a calculé les dimensions précises des plaques métalliques dont il avait besoin pour recouvrir les tronçons de bois. Elles doivent s’adapter exactement à leur forme. Pour finir, il les a vissées directement dans le bois.
C’est donc le bois qui donne sa forme au métal, les deux éléments sont indissociables. L’acier emprisonne le bois mais il le protège et le préserve en même temps.
Ces oeuvres trouvent leur place parmi les blocs de pierre gallo-romains autour de nous, comme les bornes milliaires ou les chapiteaux. De plus, ces carapaces d’acier, qui enferment le bois comme un sarcophage, peuvent rappeler les cercueils qui abritent les momies dans cette même salle, dans la vitrine des antiquités égyptiennes.
Poursuivons notre visite dans la salle du lapidaire médiéval où a été suspendue l’oeuvre de Carla Arocha : Veil, le voile en anglais.
Cette artiste est née au Venezuela et vit actuellement en Belgique. Elle a l’habitude de jouer avec la lumière et la transparence dans ses installations.
Ici, pour cet immense rideau, elle assemblé une centaine de croix légères et brillantes en plexiglas argenté grâce à des crochets en acier. Le tout pèse 200 kg et il a fallu deux jours pour le monter. Cette œuvre s’adapte au lieu qui la reçoit, elle peut être plus petite. Ici, au musée, c’est la grande version, la version complète qui a pu être installée. C’est vraiment une œuvre hors cadre !
Ces croix sont comme des miroirs, elles reflètent plus ou moins bien ce qui les entoure : la lumière, les objets autour et même les visiteurs.
Entre les croix on peut également apercevoir ce qui se trouve de l’autre côté du rideau. Tout cela perturbe notre regard : on ne sait plus trop ce que l’on voit… Est-ce que c’est la réalité ? Est-ce que c’est un reflet
Le voile de Carla Arocha évoque la façon dont on perçoit les choses. L’artiste nous dit que chacun porte un regard différent sur les choses, il peut changer selon l’endroit où on se trouve, suivant notre histoire, notre personnalité. Chacun pose un voile différent sur les choses en les regardant selon son vécu ou ses croyances.
C’est certainement pour cette raison que cette œuvre a été installée dans la salle du Moyen Âge, époque où la religion chrétienne était omniprésente en Occident, avec son symbole la croix que l’on peut trouver ici dans les vestiges de bâtiments religieux.
La dernière œuvre de notre parcours nous attend dans le hall ancien et on ne voit qu’elle dans cet espace ! Elle est, comme les précédentes, hors cadre : par ses dimensions mais aussi parce que, comparée aux autres sculptures de cette salle qui sont très classiques, en marbre blanc et posées sur leur socle, elle est vraiment hors norme !
C’est l’œuvre d’Etienne Bossut qui a l’habitude d’utiliser des objets du quotidien ou des objets de design comme point de départ. Il en fait des moulages en résine teintée qu’il assemble ensuite.
Ici, l’objet qui a servi de modèle au départ est un fauteuil, le fauteuil Orgone, créé dans les années 1990 par un designer.
Etienne Bossut a assemblé, empilé 39 moulages de différentes couleurs de ce fauteuil pour obtenir cette sculpture qui s’enroule sur elle-même. Certains y voit une chenille, un mille-pattes, d’autres une spirale...
Son titre est Grand Laocoon, en référence à une sculpture très célèbre de l’Antiquité gréco-romaine qui est conservée au Vatican à Rome. Etienne Bossut, comme les artistes contemporains, connaît bien l’histoire de l’art. Il se nourrit donc des chefs-d’œuvre du passé pour ses créations, mais en prenant du recul, en s’amusant.
Selon la légende, pendant la guerre de Troie, Laocoon est un prêtre troyen qui s’oppose à l’entrée du Cheval de bois dans sa ville. Il est le seul à se méfier de ce cheval géant qui est en fait un stratagème des Grecs qui doit permettre aux guerriers grecs d’envahir la cité de Troie.
Athéna et Poséidon, dieux favorables aux Grecs, envoient alors deux serpents monstrueux qui étouffent Laocoon et ses deux fils. Les Troyens interprètent mal le message, ils pensent que Laocoon, en refusant le Cheval a offensé les dieux. Ils ouvrent donc les portes de leur ville au Cheval, ce qui permet aux Grecs de pénétrer dans Troie, l’envahir et gagner la guerre.
Daniel Spoerri (1930-2024) est un artiste d’origine roumaine dont l’oeuvre singulière s’inscrit avec humour à la frontière entre l’art et la vie quotidienne. Son œuvre Lépreux d’Islande faisait partie de l’exposition Hors Cadre du FRAC au musée Crozatier.
Les élèves (Pauline, Louise et Ethan) n’ayant pas participé à la visite guidée de cette exposition ont fait des recherches sur cet artiste « hors cadre » pour vous le présenter
Après avoir fui la Roumanie et les persécutions nazies en 1941, Daniel Spoerri grandit en Suisse où il va devenir danseur. Il va également s’essayer à différents métiers du théâtre : acteur, décorateur, metteur en scène… Il réalise des courts-métrages, crée une revue poétique…
A la fin des années 1950, il arrive à Paris. Il y fonde avec d’autres artistes de l’avant-garde, le Nouveau Réalisme.
Le Nouveau Réalisme est un courant artistique né dans les années 1960. Son nom fait référence au mouvement réaliste du XIXe siècle qui « peignait la réalité sans la magnifier ». Ses artistes utilisent donc des objets du quotidien, des déchets, des matériaux de récupération... pour les assembler, les détourner, les accumuler… Leurs gestes peuvent être radicaux : ils déchirent, lacèrent, explosent, brisent, compressent, etc. En utilisant l’objet comme matériau, les nouveaux réalistes critiquent la société de consommation de l’époque. Quelques noms : Yves Klein, César, Niki de Saint Phalle,Christo, Jean Tinguely, Arman, Daniel Spoerri, etc.
Parmi ses œuvres les plus connues, on retrouve ses « tableaux-pièges » dans lesquels il fige, en les collant, des objets de récupération sur une table, puis les présente à la verticale, comme de véritables tableaux.
Daniel Spoerri est un bon vivant, il organise souvent de grands dîners avec ses amis artistes. Il va même ouvrir son propre restaurant et proposer des menus à thèmes. Il décide alors d’appliquer l’idée des tableaux-pièges à ces banquets en conservant les restes du repas sur la table tels quels, qu’il fixe avec de la résine, avant d’accrocher le tout au mur. Il crée ainsi un tableau qui a piégé le moment partagé avec ses amis. Ce sont ses fameux « Eat Art ».
On connaît également Daniel Spoerri dès les années 1960 pour ses « détrompe-l’oeil » dans lesquels il associe un tableau classique avec des objets du quotidien. Il revisite le trompe-l’oeil : l’élément en relief sur le tableau n’est plus une représentation visuelle créée par l’artiste pour faire illusion, mais bien un objet réel. Il remet ainsi en question les codes de la représentation et propose au spectateur d’adopter un nouveau regard.
Dans les années 1970, Spoerri s’installe en Toscane en Italie où il transforme son atelier en musée pour exposer ses sculptures comme celles d’autres artistes.