Atelier Musée - Année 2025/26

Porté par nos professeurs documentalistes, la Classe Musée du Collège Jules Vallès, devenue aujourd'hui Atelier Musée, fête cette année ses dix ans d'existence !

Cette année, il sera question de Japon, et aussi de danse, d'art contemporain sans oublier une petite touche florale...

Cette année, direction le Japon ! Nous allons consacrer une grande partie de nos activités à la découverte de la culture du pays du soleil levant, en commençant par la belle exposition Japon. Archipel des arts au musée Crozatier.

Nous fêterons également les 10 ans de l'Atelier musée lors d'une visite inédite (et guidée par nous-mêmes) d'une exposition d'art contemporain.

Avant de finir l'année par une touche florale...

Destination Japon

 

Présentation de l'exposition

Septembre débute avec la traditionnelle visite du musée Crozatier pour les nouveaux élèves. Visite rapidement suivie par la découverte pour les deux groupes de l’Atelier musée de la magnifique exposition temporaire Japon. Archipel des arts. Ainsi commence notre fabuleux voyage au pays du soleil levant : une plongée dans la culture japonaise de plusieurs mois !

***

Deux visites guidées nous transportent tout d’abord dans l’histoire et l’artisanat d’art du Japon. Les quelques 400 objets exposés, des pièces du XVIe siècle jusqu’à des créations contemporaines, ont été prêtés par un collectionneur privé et par une quinzaine de musées de la région.

Une frise chronologique nous accueille dans la première salle. L’histoire de ce pays remonte à plus de 30 000 ans. Le peuplement de l’archipel s’est fait depuis le continent asiatique. C’est à partir du VIIe siècle avant J.-C. que l’agriculture, la riziculture et l’usage des métaux s’y implantent.

L’histoire japonaise se divise en époques et périodes. Ces dernières changent lors de catastrophes naturelles comme les séismes, les incendies, ou les mauvaises récoltes. Puis à partir de l’Ère Meiji (1869-1912), c’est le changement d’empereur qui donne lieu à une nouvelle ère.

***

La visite en détail

Grâce aux vitrines de cette première salle nous apprenons le rôle essentiel de la Compagnie néerlandaise des Indes orientales et son monopole dans les échanges commerciaux du Japon avec l’Europe aux XVIIe et XVIIIe siècles. Pendant ces 200 ans, les Hollandais sont l’unique preuve de l’existence d’autres peuples sur Terre pour les Japonais, hormis leurs voisins chinois et coréens.

Les artistes font alors de ces étrangers venus d’Europe des portraits exotiques et amusés. Avant de quitter cette salle, un coup d’oeil aux idéogrammes japonais calligraphiés sur de précieux kakemonos.

La salle suivante présente des armures de samouraïs et des armes.

En japonais, samouraï veut dire « celui qui sert ». Il désigne un guerrier au service d’un grand seigneur. Il obéit à un code d’honneur, le bushido, aux sept vertus : bienveillance, courage, droiture, honnêteté, honneur, loyauté et politesse.

Son armure le protège mais c’est également un objet d’apparat et de prestige. Elle est réalisée par une équipe d’artisans qui fabriquent et assemblent des lamelles de métal laquées*. Les armures se transmettaient de génération en génération.

Le kabuko (casque fait de plaques métalliques et de cuir laquées) complète la tenue du samouraï. Ses ornements symbolisent les valeurs du guerrier comme le courage ou la protection… et permettent de l’identifier. Un masque et un protège-nuque aident aussi à protéger la tête du guerrier.

*Les objets laqués sont recouverts de laque. Celle-ci est obtenue après évaporation et filtration de la sève du laquier. En une saison, cet arbre à laque fournit seulement l’équivalent d’une tasse de sève. Elle est d’une couleur ambrée ou marron foncé et brille en se solidifiant. On y ajoute des pigments pour obtenir des couleurs opaques. Plusieurs couches peuvent être utiles pour laquer un objet. Certains en comptent plusieurs centaines ! C’est un des artisanats traditionnels japonais les plus renommés.

Une belle collection de céramiques nous attend dans la troisième salle. Les porcelaines « bleu et blanc » d’Arita ont été fabriquées aux XVIIe et XVIIIe siècles dans cette ville célèbre pour sa porcelaine aux décors bleus qui remporta un grand succès auprès des amateurs européens que fournissaient les Hollandais. Les motifs délicats dessinés sur ces bouteilles, plats, boîtes… sont généralement inspirés de la nature, on y reconnaît des animaux, des végétaux ou des paysages. Il existe également des porcelaines polychromes, elles apparurent en 1640.

Des vitrines sont consacrées à la cérémonie du thé. On y trouve les ustensiles utilisés pour le service du thé : la bouilloire, le bol, des petits pots contenant la poudre de thé matcha, la jarre à eau, la cuillère en bambou, des boîtes mais aussi des vases à fleurs ou des brûle-parfum. Cette cérémonie est très codifiée mais doit offrir aux convives une parenthèse d’harmonie, de respect et de silence.

Dans la salle n°4, dédiée aux arts décoratifs, outre les objets laqués et les statuettes appelées okimono, ce qui retient notre attention, c’est la surprenante collection d’inrō et de netsuke.

Les inrō faisaient office de poche pour le kimono porté par tous les Japonais qui pouvaient ainsi transporter leurs effets personnels. On les accrochait à la ceinture (obi) à l’aide d’une cordelette glissée entre la ceinture et le kimono. Pour la retenir, un netsuke, petite sculpture qui servait de taquet, de contrepoids, y était fixé au-dessus du bord supérieur de l’obi.

Ces petits objets, d’une grande variété - certains d’une grande finesse et d’autres assez drôles – figurent des scènes de la vie quotidienne, de fiction, religieuses ou folkloriques, ou encore des animaux ou des plantes.

La salle suivante évoque le théâtre traditionnel japonais avec des estampes ainsi que des masques et des marionnettes utilisés par les artistes sur scène.

Les quatre genres de théâtre japonais obéissaient chacun à des règles spécifiques et proposaient des spectacles différents : pantomimes dansées et drames lyriques, intermèdes comiques, pièces extravagantes ou spectacles de marionnettes musicaux.

Mais ce sont surtout les spectaculaires kimonos exposés dans cette salle qui nous impressionnent. Leurs couleurs, leurs matières et leurs motifs sont magnifiques et témoignent d’un savoir-faire technique et artistique.

Le kimono (« chose que l’on porte sur soi ») était porté par tous les Japonais jusqu’à la deuxième moitié du XIXe siècle où ils adoptèrent la mode vestimentaire occidentale. Ce sont les femmes qui le portent aujourd’hui lors de grandes occasions.

Cette robe est faite d’une large bande de tissu découpée en rectangles cousus en forme de T. On la ferme avec l’obi, large ceinture qui peut mesurer jusqu’à 4 mètres.

On portait des kimonos différents selon son âge, la saison ou l’occasion. Différentes techniques de teinture et de broderie permettaient d’orner ces vêtements de motifs variés.

L’exposition se conclut tout en images dans le dernier espace.

Les kakemonos (« chose suspendue ») sont des peintures sur soie ou sur papier fixées à des rouleaux de tissu qu’on accroche au mur. Une baguette horizontale placée en bas du rouleau le maintient droit lorsqu’il est suspendu.

Les estampes japonaises sont apparues à la fin du XVIIe siècle avec le mouvement artistique de l’Époque Edo (1603-1868) ukiyo-e ou « image d’un monde flottant ». Elles représentent les sujets en vogue dans la bourgeoisie de l’époque : les jolies femmes, les beaux paysages, les spectacles…

Une estampe, comme un tampon, est obtenue à partir d’une plaque de bois gravée. C’est donc une image que l’on peut imprimer en de nombreux exemplaires peu chers. Elle servit alors de support publicitaire pour vendre divertissements et spectacles aux riches citadins qui en étaient friands. C’était aussi un moyen pour eux de garder le souvenir de leurs distractions.

Démonstration de tir et combat au bâton, Volume 5 de la Manga de Hokusai, musée des Confluences, Lyon

Le célèbre artiste japonais Hokusai qui voyage à travers son pays, carnet de croquis en main, publie en 1814 4000 dessins en 15 volumes. Ils représentent des paysages, des animaux, des scènes de vie quotidienne, des caricatures…

Ce recueil de carnets de croquis, sa Manga, fournira aux artistes japonais de nombreux modèles sur des sujets très variés.

Le genre de l’estampe japonaise a remporté un grand succès en Europe au XIXe siècle. Ces gravures ont influencé les artistes occidentaux comme les impressionnistes ou les Nabis.

Aujourd’hui, et notamment en France, ce sont les mangas qui connaissent un immense succès. Le terme japonais désignant le travail d’Hokusai, composé des idéogrammes MAN 漫 pour « spontané » et GA 画 « dessin », nomme aujourd’hui les bandes dessinées japonaises. Des planches d’une mangaka ponote figurent aux côtés d’estampes multicolores contemporaines pour terminer l’exposition.

Kimonos

 

Des kimonos...

Comme chaque année, nous faisons appel à un artiste pour nous accompagner à la fois dans la découverte d’une nouvelle technique, un nouveau savoir-faire, et dans la production d’une œuvre artistique.

C’est avec plaisir que nous retrouvons la graphiste Emma Meyssonnier avec qui nous avions appris la sérigraphie il y a deux ans.

Lors de notre première rencontre en octobre 2025, Emma nous présente son projet. Comme cette année est dédiée à la culture japonaise, elle nous propose d’utiliser la linogravure (en référence aux estampes) pour décorer des kimonos qui feront l’objet d’une exposition cet hiver.

Au travail ! Nous allons consacrer les mois de novembre et décembre à la confection de nos kimonos !

***

1ère étape

Imaginer et dessiner un motif répétitif inspiré du Japon (nature, symbole, calligraphie, abstrait…)

2ème étape

Ce motif est reporté sur une plaque de gomme

3ème étape

On grave la gomme à l’aide de gouges en suivant le dessin. Attention ! Il faut anticiper le rendu : il ne sera pas le même selon les parties que l’on choisit de creuser pour créer son tampon car l’encre se déposera uniquement sur les parties laissées en relief. De plus, le dessin sera inversé une fois imprimé. Cette étape exige de la concentration et des gestes appliqués.

4ème étape

A partir d’un patron en papier épais en forme de T, on dessine son kimono sur un drap plié en deux.

Dans un souci d’écologie, nous avons décidé que chacun apporterait un vieux drap à recycler plutôt que d’acheter des mètres de tissu.

5ème étape

On passe à la découpe. Sans oublier le trou pour passer la tête ! Il vaut mieux être à deux pour s’entraider lors de cette opération.

Heureusement que tout le monde n’avance pas au même rythme, nous n’aurions pas la place de tous étaler nos draps au sol…

6ème étape

C'est l'étape de l’impression. On choisit sa couleur. On dépose la peinture sur une plaque de verre pour l’étaler avec un rouleau encreur qui va s’imbiber de peinture. Peinture qu’on va ensuite appliquer à l’aide du rouleau sur la plaque de gomme gravée.

7ème étape

On pose ensuite cette plaque côté peinture contre le drap et on presse fort à l’aide d’un rouleau à pâtisserie. Ca y est, le motif apparaît, il est imprimé ! Il « suffit » maintenant de répéter l’opération autant de fois que l’on veut en fonction du décor qu’on a imaginé pour son kimono : au centre, sur les manches, le bas, le pourtour… chacun son style !

Dernière étape

Préparation de l’exposition. Les kimonos à peine secs, Emma Meyssonnier les a emportés pour l’accrochage dans la Galerie des éditions du Pas Possibleau 47 boulevard Saint-Louis au Puy

Le vernissage au soir des vacances de Noël a attiré beaucoup de monde. Les visiteurs ont apprécié le travail des apprentis graveurs et ont pu les féliciter.

BRAVO à tous !