la Maison d’Izieu

La Maison d’Izieu se situe dans le département de l’Ain dans notre région Auvergne-Rhône-Alpes

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, cette colonie de vacances comme les autres devient en moins de 2 ans la bête noire des services de la Gestapo, police d’état mise en place par le dictateur de l’Allemagne, le tristement célèbre Hitler.

À cette époque, le village est situé en zone d’occupation italienne. Le 11 novembre 1942, en réaction au débarquement des Alliés en Afrique du Nord, l’armée allemande envahit la zone non occupée et la Tunisie. Les Italiens quant à eux, occupent les huit départements situés sur la rive gauche du Rhône, de la Haute-Savoie à la Corse. Dans cette zone, les autorités italiennes appliquent une politique de bienveillance à l’égard des Juifs. Elle devient alors un espace refuge pour nombre d’entre eux.

Entre 1942 et le 6 avril 1944, année de la déportation de la plupart d’entre-eux la colonie a accueilli au maximum 42 enfants. Ce nombre comprenait des enfants qui ne sont restés que 1 ou 2 semaines et d’autres, qui ont pu rester plusieurs semaines, voire plusieurs mois

Cette maison de bienfaisance est l’œuvre de Sabine Zlatin. Le sous-préfet de Belley, Pierre-Marcel Wiltzer, approuve le choix que fait Sabine Zlatin, en ce début de printemps 1943, d’une maison située dans le hameau de Lélinaz pour installer la Colonie des enfants juifs réfugiés de l’Hérault.

Dans cette colonie de vacances, le confort est presque inexistant:

les bâtiments ne sont pas en très bon état.
Il n’y a ni chauffage, à part de petits poêles, ni eau courante.

Pour le ravitaillement, le sous-préfet Pierre-Marcel Wiltzer récupère une quarantaine de cartes d’alimentation. Celles-ci ne suffisent cependant pas à nourrir tous les enfants. Miron Zlatin comble le manque en parcourant régulièrement le village et les environs avec son vélo et sa remorque.

L’été, les enfants font leur toilette à la grande fontaine. L’hiver, la toilette se fait dans le vestibule de la maison, où de l’eau est chauffée dans un chaudron.

Mais heureusement pour les enfants, les différent adultes de la colonie leur donnent des cours dans la petite salle de classe.

Mais dans un monde en guerre, le bonheur ne peut pas durer éternellement .

Après la reddition des italiens, l’armée allemande occupe directement l’ancienne zone italienne, les juifs sont de plus en plus persécutés.

Pendant les vacances de printemps, 2 voitures noires et 3 camions arrivent devant la colonie et emportent sans distinction enfants, adolescents et adultes.

Tous sont emmenés sur ordre du non moins tristement célèbre Klaus Barbie qui sera plus tard jugé pour les crimes qu’il a commis en tant que chef de la Gestapo de Lyon.

« […] Et quand je regardais dans les camions, une chose […] m’a frappé […] Les plus grands, ceux qui avaient 10, 12 ans, essayaient de sauter par-dessus les plateaux du camion et, aussitôt, ils étaient remis en place par deux Allemands, qui les prenaient et qui les rejetaient dedans comme des sacs de pommes de terre, comme de vulgaires sacs […] Et en arrivant dedans, un autre les prenait à coups de pied […] J’ai vu Monsieur Zlatin, le directeur de la colonie, qui s’est levé de dessus le banc du camion et il a crié à mon patron, qui était sur la porte : « Monsieur Perticoz, ne sortez pas, restez bien calé chez vous ! » Et puis un soldat allemand lui a enfilé sa mitraillette dans le ventre et un grand coup de pied dans les tibias. Le coup de mitraillette l’a plié en deux et il était obligé de se coucher dans le camion et puis je ne l’ai plus vu. »
Témoignage de Julien Favet au procès de Klaus Barbie, lors de l’audience du 27 mai 1987 (source du témoignage : site de la maison d’izieu)

source des photo site de la maison d’izieu

De Antoine

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